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Ho! Ho! Ho!
Je vois que tu aimes les histoires. J'espère que celle de
« La pelisse du petit Pierre »
te plaira.


Pierre est un petit pâtre à la tête toute frisottée comme les moutons de son troupeau. Pendant qu 'il rassemble ses bêtes, il se réjouit de porter sa pelisse d'agneau qui le tient bien au chaud, car les nuits sont froides dans les pâturages en cette saison. Soudain, il aperçoit au-dessus du vallon des Anciens, dans la direction de la ville de Bethléem, là où se blottit la vieille étable de pierre, une étoile qui éclaire les alentours d'une douce lumière bleue. Mais, qu'est-ce que cela veut dire? Curieux, il décide d'y aller voir.

Quand il arrive au vallon des Anciens, il voit que l 'étable est éclairée. Prenant le plus petit de ses agneaux dans ses bras, il s'avance pour voir ce qui se passe à l'intérieur. Ses yeux s'arrondissent de surprise. Il voit un homme et une femme, qu'il n'a jamais rencontrés auparavant, qui sourient tendrement à un nouveau-né, tout gigotant, couché sur de la paille dans une mangeoire, entre un boeuf et un âne qui le tiendront chaud.

- « Pauvre bébé » pense alors Pierre, «La paille doit le picoter. » Déposant son agnelet, il enlève sa pelisse qu'il tend à la toute nouvelle maman.

- « Oh! Quel beau cadeau, petit berger! Je suis certaine que mon fils nouveau-né appréciera la délicatesse de ton geste. » remercie la belle dame de sa voix douce.

A peine a-t-elle déposé son bébé sur la pelisse, que celui-ci, après un dernier babil, s'endort pour sa première nuit sur la terre. Pierre quitte l'étable sur la pointe des pieds, le coeur rempli d'une chaleur comme jamais il n'en a connue.

- « Comment, tu n'a plus la pelisse que je t'ai faite? » demande à Pierre sa grand-mère, lorsqu'enfin il est de retour à la maison.

- « Ah! Tu sais, grand-maman, je l'ai donnée à un tout nouveau bébé qui était couché sur de la paille dans l'étable du vallon des Anciens. Beaucoup de bergers sont venus le voir. Si tu l'avais vu toi aussi, son regard était si doux, si plein de bonté,.»

- « Tu es un petit berger bien généreux et je suis fière de toi. Je suis certaine que le poupon a dû aimé ton présent. » de dire l'aïeule en ébouriffant tendrement la tête frisottée de Pierre.

Parfois, dans les nuits froides des pâturages, le petit pâtre regrettait de ne pas avoir sa chaude pelisse pour pouvoir y glisser ses doigts gourds afin de les réchauffer. Mais, il songeait alors au bébé qu'elle tenait sûrement au chaud et pfuit! son regret s'envolait. D'ailleurs, ce bébé doit être bien spécial puisque même de sages étrangers venus de l'Orient en suivant son étoile sont venus le visiter et lui offrir des présents,

Pierre, le petit pâtre était bien loin de se douter que bien des années plus tard, sa route croiserait à nouveau celle du nouveau-né qu'il avait vu cette nuit-là quand une étoile avait brillé au-dessus de l'étable du vallon des Anciens.

(Daniel rochon - Tous droits réservés 2002)